Objet Filmique Non identifié en vue ! Et c’est une excellente nouvelle pour les amateurs de cinéma chinois : Escape from the 21st Century sort enfin en France ce 27 août, grâce à l’audace de Charybde Distribution. Remercions-les chaleureusement pour cette initiative, car encore trop peu de films chinois bénéficient d’une sortie française, et encore moins en salles. Le public français a ainsi la chance de découvrir une véritable pépite qui aurait pu passer inaperçue.
Sorti en aout 2024 en Chine, le film réunit un casting solide et attachant, avec Zhang Ruoyun (connu pour diverses séries TV), Elane Zhong (Youth), Song Yang (Wrath of Silence), Li Chenhao (Sky Hunter) et Wu Xiaoliang (Brotherhood of Blades II), chacun apportant une énergie vibrante à l’écran.
Réalisé par Li Yang, il s’agit de son premier long-métrage depuis le film de science-fiction Lee’s Adventure qu’il a co-réalisé avec Frant Gwo en 2011. Depuis, alors que Gwo s’est envolé vers des superproductions comme The Wandering Earth et sa suite (le troisième est actuellement en tournage) ou l’âpre film de guerre The Sacrifice co-réalisé avec Hu Guan et Lu Yang (The Writer’s Odyssey), Li Yang est resté discret, mettant plus d’une décennie avant de retrouver le grand écran. Et son retour est pour le moins remarquable.
L’inspiration de son nouveau film lui vient d’ailleurs d’une expérience très personnelle : enfant, souffrant de rhinite allergique, il percevait chacun de ses éternuements comme une manifestation “magique”, et c’est cette sensation qu’il a voulu transformer en moteur narratif pour ses personnages.
L’histoire suit trois adolescents qui, en 1999, découvrent qu’un simple éternuement leur permet de voyager dans le temps. Propulsés dans une aventure hors du temps, ils se retrouvent chargés d’une mission capitale : sauver le monde.
L’année 1999 n’est pas anodine. Elle symbolise pour la Chine un moment de transition intense, entre fin de millénaire, émergence culturelle, ouverture économique et questionnements sur l’avenir.
La production du film n’a pas été sans défis : avec un budget limité, l’équipe a dû faire preuve d’ingéniosité pour créer les effets spéciaux et les décors, notamment pour les scènes de voyage dans le temps, où le montage et les effets faits maison ont permis de compenser les ressources restreintes. Malgré ces contraintes, l’ambiance sur le plateau est restée enthousiaste et collaborative, ce qui se ressent à l’écran.
À la vision, Escape from the 21st Century apparaît comme un OFNI narratif et visuel. Le film fourmille d’idées à la seconde : un mélange survitaminé de pop culture, de jeux vidéo et de manhua (comics chinois), offrant une expérience sensorielle unique. On y retrouve l’esprit d’un Retour vers le futur sous acide, croisant les délires visuels d’un Scott Pilgrim et l’humour de Stephen Chow, le tout mêlé à une réflexion existentialiste et à une représentation touchante des espoirs adolescents chinois, entre innocence et responsabilité, incarnant une génération prête à relever les défis du XXIᵉ siècle.
Malgré son inventivité et la richesse de son univers, le film n’a pas trouvé son public en Chine, totalisant seulement 15M$ au box-office en août dernier. Mais auprès des cinéphiles chinois, il jouit d’une excellente réputation, salué pour sa créativité, son audace visuelle et son approche originale du récit.
Mais au-delà de son inventivité folle, le film est une lettre d’espoir en l’avenir ainsi qu’une bouffée d’air frais pour ceux qui auraient perdu foi en la magie du cinéma. C’est pop, c’est audacieux. Et c’est à ne surtout pas manquer !