Ce 7 janvier via Metropolitan Filmexport / HK Films, City on Fire (1987) ressort en salles en France dans une version restaurée 4K, offrant l’occasion de redécouvrir sur grand écran l’un des polars les plus marquants du cinéma hongkongais. Réalisé par Ringo Lam, le film s’impose comme l’œuvre qui révèle véritablement le cinéaste, avant qu’il ne confirme son talent avec des titres majeurs comme Full Contact (1992) ou Full Alert (1997).
Sorti en 1987, City on Fire marque également la première rencontre à l’écran entre Chow Yun-Fat et Danny Lee. Deux ans avant The Killer de John Woo, le duo impose une tension immédiate, fondée sur une opposition de styles et de tempéraments. Ringo Lam y affirme une mise en scène sèche, sans emphase, où la violence surgit de manière abrupte et réaliste, à rebours de la stylisation héroïque chère à John Woo.
Le récit s’articule autour d’une infiltration policière à haut risque. À la suite d’un assassinat commis en plein quartier populaire de Hong Kong, l’inspecteur Lau confie à l’un de ses meilleurs hommes une mission délicate : infiltrer un gang de braqueurs particulièrement dangereux. Ko Chow devient alors une « taupe », suspect aux yeux des criminels qu’il côtoie et traqué par une police qui ignore tout de sa véritable identité. Après un hold-up d’une brutalité extrême, il se rapproche du chef de bande Lee Fu, figure à la fois implacable et guidée par un sens aigu de la loyauté, incarnée par Danny Lee. Cette relation ambiguë, faite de respect et de méfiance, nourrit un suspense constant.
La force de City on Fire tient à la manière dont le scénario resserre progressivement l’étau autour de ses personnages. Chaque décision rapproche un peu plus le récit d’une issue inévitable, culminant dans un final sec et implacable, devenu emblématique du polar hongkongais des années 1980. Son impact dépasse largement le cadre local : Quentin Tarantino s’en inspirera/copiera ouvertement pour son Reservoir Dogs (1992), attestant de l’influence durable du film bien au-delà de Hong Kong.
Près de quarante ans après sa sortie, City on Fire conserve toute sa puissance. Cette restauration 4K permet d’apprécier pleinement la rigueur de sa mise en scène et la noirceur de son propos, tout en redonnant à ses scènes de tension et de violence leur impact originel. Un polar culte, fondamental dans l’histoire du cinéma de Hong Kong, à découvrir ou redécouvrir absolument sur grand écran.
Celestial-Empire.fr L’actualité du cinéma chinois à l’heure locale
