Nous apprenons le décès de Bruce Leung, de son vrai nom Leung Siu-lung, figure du cinéma d’arts martiaux hongkongais des années 70.
Né à Hong Kong en 1948, il est l’aîné d’une fratrie de douze frères, Leung Siu-hung, lui aussi connu du public pour son parcours de cascadeur, d’acteur martial et de chorégraphe d’action. Bruce Leung fait ses premiers apprentissages martiaux auprès de son père, dans le cadre exigeant de l’Opéra cantonais, avant d’élargir sa pratique à différentes formes de kung-fu et de karaté auprès de plusieurs maîtres.
Même si Leung Siu-lung est son véritable nom, il reste surtout identifié à l’international sous celui de Bruce Leung. Le prénom “Bruce” s’inscrit dans le contexte de la vague dite “Bruceploitation” à la fin des années 70, lorsque de nombreux acteurs furent associés, de près ou de loin, à la mythologie Bruce Lee. À la différence de plusieurs “clones” de l’époque, Leung Siu-lung se distinguait toutefois par une approche plus physique. Il ne s’enfermera d’ailleurs que partiellement dans ce phénomène, avec seulement quelques titres du genre comme Bruce and the Iron Finger (1979) ou The Dragon Lives Again (1977).
Sa carrière décolle au début des années 70 lorsqu’il est repéré par le producteur légendaire Ng See-yuen (qui lancera aussi Jackie Chan avec Snake in the Eagle’s Shadow et Drunken Master), et obtient un rôle important dans Little Superman (1975). Dès lors, Bruce Leung s’impose comme un visage familier du cinéma d’arts martiaux des années 70 et 80, enchaînant les films et les démonstrations techniques, avec des titres devenus cultes chez les amateurs.

Parallèlement à sa présence devant la caméra, Bruce Leung s’illustre également comme coordinateur de cascades, travaillant notamment sur des films comme The Tattoo Connection avec Jim Kelly en 1978, mais aussi sur d’autres productions hongkongaises.
Se faisant rare à partir des années 90, Bruce Leung connaîtra un retour aussi inattendu que retentissant en 2004 dans Kung Fu Hustle de Stephen Chow. Il y incarne le Beast, un antagoniste immédiatement culte, dont l’impact dépasse largement le cercle des fans de kung-fu et le fait redécouvrir à une nouvelle génération.
Avec sa disparition, c’est une figure emblématique d’une génération du cinéma d’arts martiaux qui s’éteint peu à peu.
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