THE KILLER ressort ce mercredi dans les salles françaises en version 4K restaurée

Ce mercredi 26 novembre marque le retour en salles de The Killer de John Woo, un film dont la puissance romantique et balistique n’a jamais faibli. Cette sortie rentre dans le cadre d’un récent accord conclu entre Metropolitan Films, via son label HK Films & Video, avec Shout! Studios qui ouvre l’accès au catalogue mythique Golden Princess. Plus d’une centaine de films hongkongais (re)deviendront enfin accessibles en France, en éditions et en ressorties cinéma pour certains titres, annonçant une véritable renaissance patrimoniale.

The Killer arrive après la sortie fin août d’un autre monument du cinéma d’action, À Toute Épreuve. Présenté au Festival Lumière 2025 dans une rétrospective consacrée à John Woo, en présence du réalisateur, le film se dévoile dans une restauration 4K qui révèle ses volutes de poudre, ses gerbes de sang et ses fusillades comme prières. Pour les cinéphiles du cinéma HK, ce n’est pas seulement un classique, c’est un rituel.

Après le succès du Syndicat du Crime en 1986, Hong Kong est emportée par une frénésie opportuniste : producteurs et studios veulent capitaliser sur la vague de l’heroic bloodshed, ce mouvement que Woo a lui-même cristallisé et qui domine le marché. Dans ce contexte, Woo se met en tête d’imaginer un polar hanté par Le Samouraï de Melville. Tsui Hark, le producteur, hésite et c’est Chow Yun-Fat qui permet la production du film. Avec Woo, il façonne un tueur à la fois chinois et universel, mélancolique, digne et sacrificiel.

Jeff, tueur méthodique, blesse accidentellement Jenny (Sally Yeh), une chanteuse. Miné par le remords, il accepte un dernier contrat pour payer l’opération qui pourrait lui rendre la vue. Mais la trahison le guette, et l’inspecteur Li (Daniel Lee), fasciné malgré lui, transforme la poursuite en miroir moral. Entre eux, une forme d’admiration naît… et signe leur perte.

Sorti à Hong Kong en 1989, The Killer demeure un film porté par un romantisme lyrique où l’on croit encore qu’un homme peut expier sa faute dans le sang et trouver, dans le fracas des balles, une forme de rédemption.

Revoir The Killer aujourd’hui, c’est aussi se rappeler à quel point le style de John Woo a façonné une génération entière de cinéastes hongkongais, avant d’influencer des réalisateurs américains comme Tarantino, Robert Rodriguez ou encore Walter Hill et les sœurs Wachowski. La stylisation chorégraphiée de la violence, autrefois révolutionnaire chez Woo, est désormais devenue un gimmick pop popularisé par la franchise John Wick, qui lui doit tant – jusqu’au titre et à ses initiales, clin d’œil à peine voilé à John Woo. Et c’est là que se glisse une triste ironie – car le cinéaste qui avait redéfini la grâce tragique de l’action semble aujourd’hui engagé dans des projets bien moins inspirés, jusqu’au remake récent mené avec Omar Sy… comme si celui qui avait montré la voie n’était plus que l’ombre de son propre héritage.

 

À Propos de Tirry

Créateur et rédacteur en chef de Celestial Empire, connu également pour être le tenancier du site Jackie Chan France

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4 commentaires

  1. je ne sais ce qui c’est passé avec la ressortie de a toute épreuve, mais le fait de le faire pour the killer c’est sans doute que a toute épreuve a un peu marché.

    • Disons que les ressorties des classiques de John Woo mais aussi d’Histoire de fantômes chinois (le 10 décembre) et probablement du City of Fire de Ringo Lam, font partie d’un grand plan marketing (visibilité, prestige…) pour les éditions Blu-ray remasterisées. Ici le box-office a peu d’importance. Ce sont des petites distributions salles. Et étant désormais films de patrimoine HK, il y a des avantages autres que purement financiers avec le CNC et le réseau art et essai…

    • « avant d’influencer des réalisateurs américains comme …Walter Hill »

      Non.

      Walter Hill a réalisé ses meilleurs films avant la sortie de A better tomorrow: Le bagarreur (1974), Driver (1978), Les guerriers de la nuit (1979), Le gang des frères James (1980, avec une grosse influence de Sam Peckinpah), Sans retour (1981), 48 heures (1982), Les rues de feu (1984),…).

      Le seul de ses films ayant été un peu influencé par John Woo est le médiocre remake officiel de Yojimbo, Dernier recours.

      Walter Hill est un enfant de Peckinpah, pas de John Woo.

      Je ne vois rien de John Woo dans Bound et les Matrix (les anime dont Ghost in the shell y sont bien plus présents, tout comme le kung fu de Hong Kong) non plus à part quelques poses, idem chez un tâcheron comme Robert Rodriguez. Et le grand John Woo était tout sauf un simple poseur.

      Et sans Chang Cheh et Sam Peckinpah, (ses meilleures scènes de flinguages et d’action restent aussi formidables aujourd’hui qu’il y a plus de 50 ans), pas de John Woo, en tout cas pas le même.

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