[Cannes 2024] OPERATION CONDOR, le film culte signé Jackie Chan, projeté en version longue 4K

Jeudi 23 mai, le classique du film d’aventure Operation Condor, de et avec Jackie Chan, sera projeté dans sa version longue (117 min) et restaurée 4K, au « cinéma de la plage » dans le cadre du Festival de Cannes.

Jackie alias Asian Hawk est chargé de retrouver un trésor caché par les Nazis au fin fond du Sahara. Pour mener à bien cette opération, il est épaulé par Ada, une historienne, Momoko, une touriste japonaise et Elsa, la petite fille de l’officier allemand qui a dissimulé ce trésor. Ensemble, ils affrontent des mercenaires sans pitié qui recherchent aussi ce trésor.

Suite de Mister Dynamite (1986), Jackie Chan a offert au cinéma de Hong-Kong un classique indétrônable du film d’aventure et de comédie. Entre les risques insensés de la superstar, son ambition folle et les multiples déboires sur le tournage entre le Maroc, l’Espagne, les Philippines et Hong-Kong, le budget a littéralement explosé. Dans son autobiographie, Jackie Chan a déclaré que le coût final du film s’est élevé à 115MHK$. Un record à l’époque !

Par la suite, ses producteurs lui interdiront la mise en scène, craignant par ailleurs qu’il se tue, comme l’atteste l’accident survenu pendant le tournage dans la base souterraine, qui voit Jackie Chan suspendu à une longue chaîne et tomber lourdement au sol. Une cascade qui rappelle celle qui a failli couter la vie de l’icône du cinéma d’action sur le tournage de Mister Dynamite, lorsque celui-ci est tombé d’une dizaine de mètres, la tête la première contre une pierre, nécessitant une craniotomie en urgence. (Jackie Chan a depuis un trou de la taille d’une pièce de monnaie sur le côté droit de sa tête). De quoi faire à nouveau frémir les dirigeants de la Golden Harvest.

À la fin des années 80, Jackie Chan est devenu de plus en plus célèbre, et la Golden Harvest a investi au départ 70MHK$ pour le budget d’Operation Condor. Mais l’ambition de Jackie Chan était définitivement trop grande pour l’industrie du cinéma HK de l’époque et la malchance s’est également invitée.

La pré-production au Maroc s’éternise et l’équipe commence à souffrir d’acclimatation. Des dizaines de millions investis par la Golden Harvest sont perdus avant le début des prises de vues qui ne débuteront que deux mois plus tard. Mais le tournage ne sera pas de tout repos.

En raison de la chaleur et du vent sablonneux du Sahara, les prises de vues devenaient de plus en plus difficiles. Et Jackie Chan a été contraint de demander à son équipe de travailler avant quatre heures du matin et de finir avant midi. Par la suite, l’actrice Carol Cheng, traumatisée par l’expérience, avouera ne plus vouloir tourner pour Jackie Chan.

L’une des anecdotes les plus graves du tournage au Maroc (et peu connue du public occidental), concerne le long séjour en prison du directeur de production. En effet, les faux billets de banque utilisés pour les besoins du film se sont retrouvés dans les mains des autochtones qui ont utilisé la fausse monnaie sur les stands des marchés locaux. L’équipe du film a rapidement été ciblée par la Police marocaine. Bien que Jackie Chan ait expliqué à plusieurs reprises qu’il s’agissait d’un malentendu, la police marocaine a saisi les rushs du film ainsi que tous les accessoires. Par la suite, le matériel a été rendu, mais le pauvre directeur de production a dû effectuer quelques jours de prison pour distribution de fausse monnaie. À Hong-Kong, certaines rumeurs affirment même que le directeur de production sur le tournage serait en réalité Chen Chi-Hwa, réalisateur des tout premiers films de Jackie Chan et ami de la superstar, que l’on peut apercevoir durant l’introduction du film, dans le rôle du prisonnier de la tribu des cavernes. Si les rumeurs sont vraies, Jackie Chan ne manque pas d’ironie.

À mi-chemin du tournage au Maroc, Jackie Chan et la production décident de ramener l’équipe à Hong Kong pour continuer le tournage. Ils ramènent avec eux pas moins de dix tonnes de sable du désert du Sahara. À ce moment-là, les dizaines de millions d’investissements de la Golden Harvest étaient épuisés, ce qui a forcé les producteurs à réinjecter 45MHK$ qui ont servi à la construction du gigantesque et complexe décor de la base souterraine et à la reproduction d’un ensemble hôtelier complet typiquement marocain.

Heureusement, l’incroyable et ambitieuse entreprise se solde par un succès au box-office de Hong-Kong avec 39MHK$ lors de sa sortie en 1991. Et des ventes colossales à travers le monde.

Augmenté d’une vingtaine de minutes dans une version restaurée 4K, le public cannois pourra découvrir sur grand écran ce film culte mis en scène par la superstar la plus intrépide que le cinéma ait connue.

À Propos de Tirry

Créateur et rédacteur en chef de Celestial Empire, connu également pour être le tenancier du site Jackie Chan France

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3 commentaires

  1. WoW! Bravo pour ces incroyables anecdotes que je ne connaissais pas sur ce film qui reste un de mes Jackie Chan favoris!

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